L'homme et l'animal la fin d'une harmonie?

Publié le par Mél'O

Extrait du livre de Claude et Lydia Bourguignon: Le sol la terre et les champs .p166

 

"A l'opposé des massacres anonymes des animaux d'élevage, il se développe, comme pour nous déculpabiliser ou blanchir notre âme, un excès névrotique de passion pour les animaux domestiques. Plus la nature disparaît, plus les chiens compissent nos trottoirs et les chats empuantissent nos appartements.

Dans notre société occidentale décadente, il y a plus de chiens et de chats domestiques que d'enfants de moins de quinze ans. Ils ont leur rayons dans les supermarchés, avec leurs croquettes, leurs pâtés, leurs vêtements et même leurs jouets.

On massacre pour leur nourriture près de deux millions de kangourous en Australie chaque année et ils sont mieux nourris que beaucoup d'êtres humains.

 

Curieuse civilisation que celle qui brûle ses vaches et ses volailles, qui extermine la faune sauvage et qui cajole à l'excès ses chiens et ses chats. Notre coeur n'est-il donc pas assez vaste pour aimer la nature dans sa plénitude?

Pour nous, habitants des grandes mégalopoles, la nature se résume-t-elle à un chien castré qui vient pisser chaque matin sur le cèdre bleu au milieu du gazon bien tondu?

 

Autrefois, chaque pays avait son animal et sa plante héraldique. Le lion et la rose pour l'Angleterre, le coq et le lis pour la France, le chien et le trèfle pour l'Irlande. S'il fallait trouver un animal et une planète emblèmes pour notre civilisation, il nous semble que le rat et le gazon seraient ceux qui conviendraient le mieux.

Il y a quelque chose de cassé dans nos relations avec le monde animal:les animaux ne sont plus porteurs de nos rêves et de nos espoirs; ils ne sont que le gavage de nos ventres et le refuge de nos frustrations."

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