Les indiens d'Amazonie et la nature 1

Publié le par Mél'O

Les indiens d'Amazonie ont un savoir très développé pour tout ce qui touche à la nature.

Les indiens Kayapo du Brésil par exemple ou les « Mébêngrôke »sélectionnent les semences, domestiquent les insectes et pratiquent une médecine complexe.

Alors que l'exploitation de l'Amazonie par le bétail entraine un rapide épuisement des sols, les techniques des Mébêngrôke en accroissent la fertilité.

Ils créent des microzones d'hyperfertilité en élaborant pour chaque culture un humus composé des cendres de dizaines de végétaux.

Ils savent mettre à profit les interactions qui se jouent dans la « rhizosphère », monde des racines où les plantes sécrètent des toxiques pour s'imposer face à leurs voisines et s'emparer du territoire ou au contraire s'apportent des éléments nutritifs et grandissent mieux côte à côte/ ensemble.

 

Les Kayapos savent composer des associations de douzaines de plantes ou « amis qui grandissent ensemble » en opposition à notre agriculture basée sur la monoculture.

Autour des villages, 98% des végétaux ont au moins un usage pour les Kayopos.

Ils savent contrôler les parasites en attirant leurs prédateurs. Ils plantent par exemple autour de leurs jardins une variété de bananiers qui attire les guêpes ennemies des fourmis mangeuses de feuillage.

Ils savent aussi respecter le territoire d'autres prédateurs dangereux pour eux et évitent certains endroits, leur laissant leur espace. (ex: celui de mry-kaak, anguille de 20m dont ils redoutent les décharges électriques)

 

De nombreuses écozones qu'on croyait naturelles ont en fait étaient modelées par les indiens et se sont enrichies grâce à leur connaissances (implantation de nouvelles espèces..)

 

La culture indienne contrairement à la notre compose avec la nature.

D'après les indiens les animaux sont des gens comme nous (le pécari boit de la bière et joue des percusions..) les arbres et les montagnes ont une âme ou plusieurs.

L'indien tue aussi et mange des animaux, ce qui n'est pas contraire aux lois de la nature mais il ne thésaurise jamais et ne tue que la quantité nécessaire à ses besoins. L'écologie est présente et essentielle dans sa vie.

 

De la pirogue qui glisse sans remous sur le fleuve à ses déplacements silencieux à travers la jungle, glissant entre les feuillages denses de l'enfer vert là où nous ne ferions que nous emmêlés et trébucher, ils savent se faire discrets face à la nature.

 

Source: "L'amazone, Un Géant blessé", d'Alain Gheerbrant

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