Note d'Intention

Publié le par Mél'O

 

« L’espoir est ce que la nature nous donne pour survivre

afin de pouvoir découvrir la nature. » Ancien proverbe indien

 

Alors que le nombre d'espèces en voie de disparition ne cesse d'augmenter, que les ressources s'épuisent, que les villes s'étendent et que beaucoup trop d'hommes tentent de survivre plutôt que de vivre, nous sommes de plus en plus nombreux à penser qu'un autre mode de vie existe.

Plus sain et plus respectueux, pour nous comme pour les autres, ce nouveau modèle de développement ne pourrait se faire qu'en prenant en compte l'environnement.

 

La nature nourrit et protège six milliards de personnes par jour et nous a toujours fourni tout ce dont nous avions besoin pour vivre. L'homme, bien loin de l'en remercier et de lui rendre hommage, n’a cessé de l'utiliser, de la contrôler et de puiser dans ses ressources à outrance.

 

Les communautés sud-américaines traditionnelles ont toujours su, avec naturel et simplicité, communier avec celle qu'ils nomment « Pachamama », « la Terre mère »; écouter les secrets qu'elle leur confiait, la respecter et établir avec elle une relation de réciprocité, d'échange.

 

Si l'homme a réalisé de nombreux progrès scientifiques et matériels ces dernières décennies, il semble aussi avoir oublié le principal et a perdu cette connexion, ce lien qui le relie à la nature, ainsi qu'aux autres êtres vivants.

 

En observant la nature on apprend beaucoup. La médecine, le biomimétisme, l'art, la musique, tout est là pour nous le rappeler. Il suffit de s'asseoir au pied d'un arbre et d'écouter, de ressentir.

 

L'environnement joue sur notre tempérament. Il joue aussi sur les cultures. Les hommes développeront des coutumes et une médecine différentes en fonction du climat et de la végétation...

En détruisant les écosystèmes, nous détruisons aussi les cultures.

La nature nous montre pourtant qu'il faut miser sur la diversité pour pouvoir grandir...

 

En nous basant sur les actions du refuge écotouriste « La Senda verde », sur les espèces animales et végétales des Yungas, sur le savoir des peuples traditionnels tels que les aymaras ou les afro-boliviens de Tocaña et sur les confidences des belles âmes rencontrées au cours de notre aventure, je tiens à montrer que la nature, à travers ses interactions et ses cycles fondamentaux, relie par mille réseaux l'ensemble des êtres de notre planète.

Au sein de cette unité, chacun a un pouvoir créateur individuel qui peut amener les autres à avoir le courage de changer.

 

Ce documentaire de 52 minutes en format DV sera tourné en Bolivie, le pays le plus isolé et traditionnel du continent latino-américain, qui a interdit en 2009 l'utilisation des animaux dans les cirques. Plus précisément dans la région des Yungas, là où les Andes se marient à l'Amazonie. Cette zone, considérée comme un « Hot spot » (écorégion à haute diversité), est l'une des plus riches du monde compte tenu de son grand nombre d'espèces végétales et animales.

Malheureusement, de nombreuses espèces y sont en danger d'extinction, comme l'ours à lunettes, l'atèle, le puma, le jaguar, la vicuña et bien d'autres.

Les causes sont nombreuses, trafic d'animaux, disparition de leur habitat naturel et de leurs ressources alimentaires...toutes sont liées à l'homme.

 

Nombre de ces espèces trouve refuge dans un sanctuaire nommé « Le Chemin Vert», où Marcelo Levy et Vicky Ossio,un couple bolivien et leur équipe, mettent en place des expériences uniques de protection et d'éducation. Ils accueillent des volontaires venus des quatre coins du monde, leur permettant en même temps qu'aux animaux de renouer avec la nature. Au-delà de leurs différences, ils apprendront à travailler et à vivre ensemble, afin de défendre leurs valeurs communes.

 

En observant les animaux et les plantes des Yungas, nous montrerons combien l’enseignement que nous offre chaque jour notre environnement est précieux et porteur de solutions. Nous verrons à quel point la nature parle à ceux qui savent l’écouter, en abordant par exemple le thème de l’automédication chez les singes...

Les plantes et les animaux savent faire équipe pour survivre et il serait grand temps pour nous aussi d’adopter les principes du jeu gagnant/gagnant.

 

Échange, partage, création, travail d’équipe, métissage…il s’agit d’offrir ce que l’on a de meilleur et de trouver sa place, en sachant regarder à l’intérieur de soi, tout en s’ouvrant aux autres...

 

 

Après plusieurs expériences dans l'écriture, la scénographie et la réalisation de court-métrages, je souhaite témoigner de la réalité en abordant un sujet qui me tient à cœur, grâce au documentaire.

 

L'Amérique latine était pour moi une évidence: j'ai toujours été passionnée par ce continent et parle l'espagnol couramment. Je suis en contact avec les animaux depuis l'enfance et j'ai auprès d'eux pu comprendre de nombreuses choses sur mon propre comportement et sur celui de l'homme en général; j'ai grandi près d'une forêt qui a presque disparu aujourd'hui et après quatre ans en région parisienne je réalise d'autant plus à quel point « l'or vert » est le bien le plus précieux que l'on puisse nous souhaiter.

 

Je suis en contact avec le refuge depuis plus de trois ans maintenant et j’y ai vécu quelques mois. Cette période m’a permis d’effectuer les repérages, de nouer des contacts et d’en apprendre davantage sur les animaux sauvages, sur la nature en général et sur moi-même par répercussion. J’ai eu la chance de pouvoir travailler en tant que volontaire au sein du refuge « La Senda Verde » , ce qui m'a permit de m'assurer que j'avais bel et bien trouvé l’endroit idéal pour réaliser mon projet.

 

La graine que j’ai plantée s’est transformée en arbre et ce dernier vit maintenant en symbiose avec d’autres congénères auxquels il s’est lié.

Sous leur feuillage on retrouve bien-sûr le refuge « La Senda Verde », la communauté afro-bolivienne de Tocaña, mais aussi l’association française « Cœur de Forêt » sans laquelle le documentaire n’aurait pu voir le jour.

Ensemble, nous formons une forêt. Une forêt qui n’a pas besoin d’engrais pour pousser. Une forêt qui malgré tout, aujourd’hui encore, est prête à réapprendre à respirer et à regarder éclore l’Or Vert du Décor.

 

Ce documentaire a pu être réalisé en grande partie grâce au jeu gagnant/gagnant. Car si nous avons trouvé des partenaires financiers pour nous prêter main forte en cours de route, nous sommes partis de rien (pas de financement, pas de matériel, pas vraiment de certitude mais beaucoup d'espoir et de motivation!)

Le tournage a eu lieu en mars 2011 et a donc duré un mois. L’équipe de tournage était composée de trois personnes: un cameraman, un ingénieur du son et moi-même pour la réalisation et la deuxième caméra. Outre les avantages économiques, le fait d’avoir une équipe réduite nous a permit d’approcher plus facilement les animaux et de nous intégrer plus vite à l'équipe du refuge.

 

Il a été tourné en HD (SONY HDR AX2000 et 5D mark 2 Canon). Avoir deux caméras différentes nous a permit d'une part plus d'adaptation en fonction des situations: la caméra sony était idéale pour zoomer dans les arbres et suivre les singes, alors que le boîtier canon nous a permit des images plus esthétiques et nous a aidé à sublimer les paysages, comme les portraits. De plus, la deuxième caméra offre au spectateur un deuxième angle, une autre manière de voir les choses, ce qui colle complètement au projet qui propose de regarder les faits avec de nouveaux yeux.

Nous avons d'ores et déjà une version de 52mn à proposer et nous travaillons sur une version longue pour le DVD.

 

Revêtant parfois l’aspect d’un documentaire animalier, il arborera l’instant d’après les couleurs du reportage social, par exemple lorsque nous rencontrerons la communauté afro-bolivienne de Tocaña, qui par sa musique métissée, trouve le moyen d’exister et de se faire entendre.

Ses transitions sous forme de citation inviteront à la réflexion et à la méditation.

Le projet est donc en lui même un beau métissage ! Mais tout est relié par le même fil conducteur, la Nature.

 

Bien que parfois alarmiste de par les constats que nous pourrons faire quant à l'état de notre environnement et celui de nos propres vies, ce documentaire se veut plein d'espoir et d'ébauches de solutions.

Car si l'homme est bel et bien responsable de la situation, il est aussi capable, s'il accepte d'évoluer d'inverser la tendance.

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